Le mot du curéP. Emmanuel

Chers paroissiens, chers frères et soeurs,

Au début de ce Carême, je voudrais vous souhaiter une belle marche vers Pâques.

Comme je vous l’exprimais le Mercredi des Cendres, le temps de Carême est un « moment favorable » (2Corinthiens 6,2) parce que, pendant ces jours, Dieu nous offre plus largement la grâce de la conversion. C’est donc un temps extraordinaire !

Si nous devons nous « entraîner » en faisant des exercices à la manière des sportifs (cf. 1Corinthiens 9,24-27), en prenant des décisions (petites, précises et concrètes !), ce n’est pas pour parvenir à un résultat par nos propres forces, mais plutôt pour nous disposer à recevoir la grâce que Dieu veut nous accorder et qu’il nous fait donc désirer.

Dans sa Lettre sur la sainteté, le Pape François a particulièrement mis en garde des chrétiens contre la tentation du « pélagianisme ». Cette tentation consiste à croire que par nos propres forces nous pouvons nous convertir, qu’il suffit de faire un petit effort (Gaudete et exultate, nn. 49-50) ! En réalité, c’est là une illusion. Par nos seules forces, nous ne pouvons rien ! Dieu seul peut recréer notre coeur, le guérir et le transformer pour que nous puissions goûter davantage « la joie d’être sauvés » (Psaume 50). Le roi David l’exprime dans sa prière de supplication : « Pitié pour moi mon Dieu dans ton amour, (…) crée en moi un coeur pur, ô mon Dieu, ne me reprends pas ton Esprit Saint » (Psaume 50).

Ne nous décourageons-nous donc pas de nos faiblesses, de nos rechutes, elles peuvent être la porte d’entrée de la grâce, le lieu où nous apprenons à laisser Dieu agir et où nous consentons à être davantage dépendants de sa grâce. Davantage dépendants, c’est-à-dire davantage fils et filles bien-aimé(e)s du Père. Or, c’est précisément l’objet de cette marche vers Pâque où nous célèbrerons le baptême de 10 catéchumènes et ferons mémoire de notre propre baptême.

Avançons donc avec une douce exigence. Avec une grande douceur envers nous-mêmes. Mais aussi avec une réelle exigence. Car comme le dit saint Ignace de Loyola, « c’est le propre de l’ennemi (Satan) de faiblir et de prendre la fuite avec ses tentations, lorsque la personne (…) montre beaucoup de fermeté contre le tentateur, et fait diamétralement le contraire de ce qui lui est suggéré. Au contraire, si la personne qui est tentée commence à craindre et à supporter l’attaque avec moins de courage », alors le mauvais esprit devient « féroce » et nous attaque.

Au matin de Pâque, nous chanterons

« Mors et vita duello conflixere mirando… la vie et la mort s’affrontèrent en un duel prodigieux, le Maître de la Vie mourut, vivant il règne » !

Nous célébrerons ensemble la victoire définitive du Christ sur toute forme de mal, en particulier sur le péché qui conduit à la mort. Le monde est déjà sauvé, mais c’est « en espérance » (Rm 8,24). En ces temps assez déstabilisants où nous cet affrontement entre le bien et le mal, entre la vie et la mort, devient extrêmement visible non pas seulement dans le monde, non pas seulement chez les membres laïcs de l’Eglise, mais chez les prêtres et les consacrés, puissions-nous être fortifiés dans l’espérance que seule nous donne la confession de la mort et la résurrection de Jésus !

Avec toute l’équipe des prêtres, les diacres et les permanents je vous souhaite une belle montée vers Pâques, je vous assure de mes prières et compte sur les vôtres !

P. Emmanuel+, curé